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lolz

 
 
 
 

Il y a quelque chose dont il fallait impérativement que je parle. A la fois trop muet sur le sujet et, quand j'en parle, trop irrité pour ne pas m'emporter et être pris au sérieux : Le blocage de fac. Car toute la situation étudiante me touche énormément.

De fait, j'ai quitté l'université en 2008 même s'il est vrai que j'avais depuis longtemps décroché psychologiquement, aux alentours de 2006. J'étais étudiant en Histoire à Bordeaux III, première puis seconde année en dette, puis première année à nouveau. J'avoue moi-même ne pas encore avoir très bien cerné les raisons de mon ennui profond et de mon dégoût des cours dès le début, sur lequel a fini par se greffer d'autres considérations, plus générales, sur l'état de l'enseignement supérieur en France. Je mets mon temps de réaction (ennui, sentiment de perte de temps, pour tout plaquer trois ans après) sur le compte des hautes aspirations qui m'habitaient alors, et sur la vente forcenée des études supérieures comme une voie de prestige pour ceux qui réussissent. Passé cette petite contextualisation, attaquons le vif.

Ce n'est plus une surprise maintenant, chaque second semestre de chaque année maintenant, c'est la même chose : la fac est bloquée. 2005 Fillon, 2006 CPE, 2007 une loi à la con, 2008, une autre loi à la con, 2009, oh, une autre loi à la con. Il en découle naturellement que le programme de premier semestre est le seul qui puisse être tenu comme exhaustif : le reste est une prévision d'éventuel apprentissage dispensé si il reste du temps pour faire quelque chose. Attention : je ne parle pas de la légitimité des blocages ou non, je ne fais qu'exposer un fait.

Cette année, pendant les blocages, la fac est, je cite, "toujours un lieu d'échange et d'apprentissage, elle vit, et ce n'est pas du temps perdu". Il suffit de regarder l'emploi du temps écrit au marqueur et scotché sur les murs extérieurs : Lundi 14h Pique-nique, 14h30 Conférence : La décroissance, Mardi 16h Conférence : Les expulsions, Mercredi : Le commerce équitable, etc. Le tout entrecoupé d'AG supervisées par des professeurs excités qui n'hésitent pas à haranguer la foule pour glâner quelque attention positive probablement difficile à s'attirer en temps normal (imaginer un auditoire attentif et enthousiaste lorsque l'on est professeur de grammaire latine est un véritable défi créatif), et les mêmes porte-paroles de l'unef qui organisent des votes rapides à main levée après trois heures d'expression libre ouverte à tous les gens qui se sont déplacés en AG et qui sont du genre patients. Et respecter le processus de vote à bulletin secret ne sert à rien, on sait très bien que le vote va être massivement positif (hop regardez, levez les mains, je compte : il est positif ! vous voyez que j'avais raison ? Adopté.). Le hold up idéologique est complet : tout se passe pour le mieux dans le meilleur des autres mondes possibles. Et qu'importe l'incohérence (défendre l'université en la paralysant) !

Le plus ironique dans tout ça, et pour en venir à ce que je tenais réèllement à souligner, c'est que les plus assidus aux AG, blocages, et autres rassemblements de contestation festive, sont probablement les plus à même à avoir un parcours scolaire médiocre. A l'inverse, les plus obstinés à travailler - les méchants quoi, sont ceux qui s'assurent un avenir plus brillant*. A noter qu'il y a corrélation (du moins "probablement", puisque je n'ai pas mené d'enquête statistique, je ne fais que donner mon avis d'observateur singulier), mais pas nécessairement la causalité à laquelle on pense : les étudiants au parcours scolaire plus médiocres peuvent avoir choisi la voie de la contestation par conséquence, de même que les personnes naturellement plus "battantes" et accros au travail vont être les seules à s'en tirer dans un environnement aussi semé d'embûches. C'est à dire qu'en défendant l'égalité en fin, le savoir pour tous, les étudiants bloqueurs réalisent en fait leur pire cauchemar : la survie du plus égocentrique, du plus fort intellectuellement, du plus individualiste : la réussite du plus sarkozyste (pour faire simpliste, et par pure provoc', parce que je suis bien placé pour savoir que les opposants aux blocages ne sont pas nécessairement des amoureux de la droite). D'où le véritable échec de la bataille idéologique.

Précisons. Par "parcours scolaire médiocre", j'inclus aussi la réussite avec brio d'une licence, voire d'un master, pour se retrouver à devoir faire prof si on veut gagner un peu d'argent. D'où la seconde observation : ceux issus du parcours supérieur qui ont excélés et se sont sentis à l'aise dans cet univers très replié sur lui-même et si typique (tu apprends ce que je te dis, ouvre ton esprit aux livres que je t'indique, évite les auteurs que je te déconseille, te penche sur les sujets que je te recommende, bref, tu te fais ta propre idée quoi !) sont les premiers à devenir professeurs. Professeur qui enseignera ce qu'on lui a enseigné. La boucle est bouclée, les idées infiltrent des générations d'étudiants peu adeptes de remise en question : la bataille des urnes est gagnée ! Pas étonnant que la France ait la droite la plus à gauche du monde. Car tout ce beau monde si rapidement conquis par l'esthétique de la lutte, de la rue, de ce qu'on présente comme la justice du peuple, s'il se retrouve au chômage après ses errances étudiantes, ça sera probablement la faute de la mondialisation néo-libérale et du fascisme financier : après tout même les profs le disent...




D'où mon profond dégoût et ma sincère tristesse. Bien sûr l'analyse se fait à la louche et je suis conscient qu'il y aura toujours des contre-exemples. Mais aujourd'hui, c'est tout simplement ce dont j'ai l'impression. Et ça me désole

Humeur: Vrombissant

Prise de forme.

18 mars 2009 18:08
 
 

Les choses commencent à se mettre en place de façon si radicale vers un avenir si différent, que j'ai l'impression d'avoir changé d'année scolaire, tiré les leçons de l'année passée bien plus vite que d'ordinaire, et mis le cap vers quelque chose de plus acceptable. Mon voyage à Paris annulé en est l'expression : pris entre le dépôt de mon dossier de candidature à la gendarmerie nationale, un rendez-vous médical en vue d'un suivi par une nutritionniste, et mon déménagement, je n'ai pas de temps ni d'argent à investir dans une semaine de glande dans la capitale (même si j'avoue que mes amis nordistes me manquent).

Car si on passe sur le choix de m'engager dans la gendarmerie (sujet tellement dense que j'y consacrerai un post assez long en temps voulu), l'autre élément déterminant est l'accélération de ma prise de poids sur ces huit derniers mois toulousains : 85 kilos à la pesée, un bon gros bide, un visage rond, et un début de double menton. Ouch. Ce n'est pas non plus une surprise , la tendance à la prise de poids lente mais sûre a fait son chemin depuis six ans, ma Première, et mes 54 kilos. Il ne s'est pas passé un mois sans prise de poids, si légère soit-elle. D'où la remise en question nécessaire du régime entrepris en Seconde, où parti de 89 kilos, j'en arrivais finalement à 54, en un an. Maintenant, l'objectif est une véritable perte de poids durable et une transformation du mode de vie. Bref, on va travailler tout ça dès mon retour sur Pessac (suite à l'échec toulousain dont je traiterais aussi plus tard).

Humeur: Vrombissant