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Petit cours rapide de philosophie politique aujourd'hui. Il me semblait important de souligner ce qu'est la démocratie à l'époque où on la scande à tout va et où elle sert de prétexte pour justifier n'importe quoi (cf les AG, parodie ultime). Je passerai sur le fonctionnement théorique de la chose que tout le monde connait par coeur, et m'attarderait plutôt sur ses subtilités.

Première erreur : Le droit de vote, c'est la liberté.

C'est élémentaire : vous choisissez parmi une liste restreinte de personnes lequel sera votre réprésentant. Et le principe même de la représentation est de déléguer à quelqu'un d'autre la prise de décision concernant certains sujets. Ainsi, puisque chaque individu est unique et a ses propres valeurs et motivations, il va de soi que personne ne peut être assuré qu'un représentant qui défend les mêmes position que lui à un moment donné le fait pour les même raisons, et défendra à l'avenir la même exacte position que la nôtre. Les programmes sont inutiles même en cas d'adhérence totale avec le candidat sur tous les sujets, ce qui est loin d'être la norme. En somme, l'acte de voter est l'expression même du refus de liberté et de responsabilité, que l'on délègue sur une tierse personne. "Il est toujours possible de se présenter" me diriez-vous, ce qui est une grossière erreur puisqu'en cas d'échec je ne vois pas pourquoi il serait légitime d'être tenu d'abandonner sa liberté et sa responsabilité à quelqu'un, où en cas de victoire, de prendre des décision au nom de tous ceux qui n'ont pas choisi de nous confier leur liberté de choix.

Deuxième erreur : La démocratie est le système le plus juste.
Pas nécessairement : ça ne suffit pas. Il y a deux facteurs principaux pour déterminer la liberté d'un peuple : le mode de désignation de ses représentants (du bon vieux système héréditaire à l'anarchie, où chacun ne représente que lui-même), et le pouvoir qui leur est confié, ce dernier étant certainement l'élément le plus important. Deux exemples : celui du Monarque décoratif aux pouvoirs nuls comme garantis par une constitution ; et un Président élu au suffrige universel direct qui a tout pouvoir d'intervention dans tous les domaines et en use. Dans un cas vous avez une monarchie et un peuple libre, dans l'autre une démocratie cauchemardesque. Je vous laisse comparer avec la réalité.

De la nécessité d'une limitation drastique du pouvoir de nos représentants.
Imaginez la tenue d'un référendum pour rétablir la peine de mort dans le cadre de crimes moraux graves tels que le viol avec inceste. En cas de victoire du OUI, la démocratie autorise de fait la mise à mort des coupables désignés par la justice. Celà rend-t-il la décision légitime, ou juste ? J'en doute. Si un référendum national décide de la saisie de tous vos bien et de votre pendaison immédiate, celà restera inique, injuste, et illégitime. Ca sera décidé démocratiquement, mais ça restera un crime.
Ainsi, les étudiants qui se réunissent en Assemblée Générale pour décider du blocage des facultés et donc de priver ceux qui ne l'ont pas décidé de leur liberté d'étudier, quel que soit le mode de scrutin (main levée, secret) ou le nombre de participants, n'en demeurent pas moins coupables d'atteinte à la liberté. En réalité, quel que soit le moyen de la prise de décision, il y a une nécessité de réduire la possibilité d'application de celle-ci de manière légale, si possible (à mon avis) constitutionnelle. Sans quoi nous rentrons dans ce que Toqueville dénonçait comme étant la "dictature de la majorité".


La démocratie est une conséquence de la liberté. Un peuple qui cherche à être libre veillera au maintien d'un système de représentation juste pour les décisions qu'il estime être du ressort de l'Etat. Mais la démocratie n'est pas une cause de la liberté : elle ne garantit pas le maintien de cet état et peut, sans même élire un dicateur qui la supprimera, basculer dans le totalitarisme, et régire chaque petit élément de la vie de tout le monde. C'est ce qu'on risque en autorisant l'intervention de l'Etat dans l'économie, la morale, la famille, etc. A bons entendeurs...

Fin du petit cours rapide.

Humeur: Vrombissant

3 commentaires à cet article.

LzAvMDAwLzA4OC8wMDAwMDg4~geo2jaim pro | 26/04/2009

Tout à fait d'accord. Que penses-tu du fait que les Français placent maintenant l'égalité comme une valeur plus importante que la liberté?

LzAvMDAwLzAyMS8wMDAwMDIx~Blèh | 26/04/2009

L'égalité telle qu'on l'entend généralement en France est celle en fin (comme celle entendue par le communisme). En réalité, l'égalité telle que stipulée sur notre devise nationale est celle en droit, qui défend l'abolition des privilèges (noblesse)... et est donc un corollaire de la liberté. Aucun problème en théorie que l'on tienne à cette valeur plus qu'en la liberté en elle-même, même si c'est confondre le moyen avec le but. Mais ceux qui érigent l'égalité en fin comme un but me semblent être de dangereux ennemis de la liberté.

LzAvMDAwLzA4OC8wMDAwMDg4~geo2jaim pro | 26/04/2009

merci pour ta réponse